Nos missions de formation
Asclepios III
Asclepios III, la 3ème mission analogue, s’est déroulée dans un environnement simulant le pôle Sud lunaire.
Un équipage international d’astronautes analogues a été placé en isolement et a mené des expériences ainsi que des sorties extravéhiculaires afin d’explorer les défis de la médecine spatiale.
La mission elle-même s’est tenue à Sasso San Gottardo, en Suisse.

Mission Asclepios III
Juillet 2023, Sasso San Gottardo, Suisse
Qu'est-ce que les missions Asclepios ?
Les missions Asclepios sont des missions analogues spatiales organisées par une association étudiante internationale basée à l'EPFL de Lausanne. Chaque mission simule les conditions d'une base lunaire ou martienne (isolement, confinement, protocoles de communication avec un centre de contrôle) afin de tester des expériences scientifiques dans un contexte réaliste. Asclepios III était la troisième du nom, placée dans un environnement simulant le pôle Sud de la Lune.
Le cadre : une base souterraine dans les Alpes suisses
La mission Asclepios III s'est déroulée à Sasso San Gottardo en Suisse, une simulation utilisée pour voir si les astronautes peuvent être autonomes en condition d'isolement reproduisant les voyages spatiaux lointains, ici un environnement simulant la vie au pôle Sud de la Lune. Il s'agit d'un ancien ouvrage militaire alpin reconverti en lieu d'expérimentation, qui offre un isolement naturel très proche des conditions de confinement spatial.
L'équipage : dix astronautes analogues internationaux
L'équipage dit « Eagle Crew » était composé de dix astronautes analogues, des étudiants internationaux sélectionnés dont le niveau d'études allait du bachelor au doctorat.
L'expérience MITBO : cœur de la contribution SFR/CNES/MEDES
La trousse d'urgence conçue par le groupe IRIS dans la suite du challenge MITBO pour les procédures de radiologie interventionnelle a pu être testée par les astronautes analogues. Chacun devait réaliser une intervention médicale sur un fantôme sous guidage échographique selon les techniques de la radiologie interventionnelle, une technique applicable à un grand nombre de pathologies en alternative aux techniques chirurgicales impossibles à réaliser dans les conditions d'un vol spatial.
Ce travail a été piloté par le Pr Julien Frandon, radiologue et responsable de l'unité d'imagerie interventionnelle au CHU de Nîmes. Il s'est rendu à l'EPFL pour rencontrer les six astronautes analogues sélectionnés. Partant du constat qu'il s'agit d'un geste stéréotypé et non complexe, il a conçu une formation étape par étape dont l'idée lui est venue en montant des meubles Ikea.
Les astronautes analogues ont passé un pré-test avant l'enseignement pour évaluer leurs connaissances de base, puis un post-test à l'issue de la formation.
Le scénario médical testé dans la base
Lors de la mission Asclepios III, les six astronautes expérimentaux ont été confrontés à un scénario médical simulant un cas de cholécystite, impliquant un fantôme imitant une vésicule biliaire nécessitant un drainage. Équipé de la trousse MITBO, chaque astronaute devait réaliser un drainage percutané sous guidage échographique sur un fantôme de simulation en totale autonomie, sans l'assistance d'un expert terrestre. Ils disposaient des mêmes ressources pédagogiques que lors de leur formation initiale, et devaient démontrer leur maîtrise de l'identification du site cible, du placement précis de l'aiguille et de l'insertion du cathéter en utilisant la technique de Seldinger.
Les résultats : prometteurs mais nuancés
Deux mois après leur formation, confrontés au même scénario dans la base souterraine, les astronautes se sont filmés. Le Pr Frandon a analysé les images vidéo pour évaluer la précision et l'efficacité des gestes. Résultat : quatre astronautes sur six s'en sont très bien sortis en évacuant totalement l'abcès. Les deux autres ont échoué, dont l'un qui avait suivi la formation en distanciel, nettement moins à l'aise que ses collègues.
Ce dernier point a eu un impact concret sur la suite du projet : il a confirmé l'importance d'une formation en présentiel et démontré que la modalité d'enseignement influence directement la capacité d'exécution dans un contexte isolé.
La publication scientifique qui en a découlé
Les résultats de cette expérience ont été publiés fin 2023 dans Cardiovascular and Interventional Radiology sous la signature de Julien Frandon, Jérôme Soussan, Vincent Vidal et leurs collaborateurs du CNES/MEDES. C'était la deuxième publication internationale du groupe SFR-CNES, confirmant la démarche scientifique rigoureuse du projet. Un astronaute analogue est également venu en personne présenter ces résultats aux JFR 2023 à Paris.
Ce que la mission Asclepios III a apporté au projet IRIS
Asclepios III constituait une étape charnière entre la conception théorique de la Mars IR Toolbox (2022) et les futurs tests en vol parabolique (2026). Elle a permis de valider trois points essentiels : que des non-spécialistes peuvent apprendre des gestes interventionnels de base, que la formation en présentiel est indispensable, et que le kit MITBO fonctionne dans des conditions d'isolement et de confinement proches du réel, poussant l'équipe à affiner encore les protocoles de formation et le contenu de la trousse avant d'envisager les conditions encore plus extrêmes de la microgravité.
Spartan Space
Spartan Space est une entreprise française spécialisée dans le développement de systèmes d'habitation pour les environnements extrêmes.
Fondée en janvier 2021 par Peter Weiss, ancien directeur Espace et Innovation de la Comex, elle est installée à Septèmes-les-Vallons, aux portes de Marseille.
Ses deux projets phares sont EUROHAB, un habitat lunaire gonflable et déployable automatiquement conçu pour servir de camp de base secondaire aux astronautes au pôle Sud de la Lune, et Eurosuit, une combinaison intra-véhiculaire développée en partenariat avec le CNES, le MEDES et Decathlon.

Simulation EUROHAB - Luna Base Camp
Avril 2025, EAC/LUNA, Cologne, Allemagne
Le cadre
Il s'agit d'une simulation dite « Human-in-the-Loop » conduite sur cinq jours à l'installation LUNA (ESA/DLR) du Centre des Astronautes Européens à Cologne, la nouvelle infrastructure européenne de simulation de la surface lunaire inaugurée en 2024. L'objectif déclaré par Spartan Space : tester des opérations critiques liées à un Lunar Base Camp, en simulant les conditions de vie et de travail des futurs astronautes au pôle Sud de la Lune. EUROHAB y est présenté comme un abri pouvant étendre le rayon d'action des astronautes depuis leur point d'atterrissage.
La participation d'IRIS
La trousse Mars IR Toolbox (MITBO) a été intégrée dans cette simulation comme expérience embarquée, dans le cadre du volet « opérations médicales d'urgence » testé à l'intérieur de l'habitat. Il s'agit ainsi d'une nouvelle étape dans la progression du projet IRIS : après la mission analogue souterraine d'Asclepios III en Suisse (juillet 2023), c'est dans un habitat lunaire gonflable au sein de la plus grande installation de simulation lunaire d'Europe que la trousse interventionnelle a été testée.
TAAF - Terres Astrales et Antarctiques Françaises
Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) administrent cinq districts répartis entre l'océan Indien austral et l'Antarctique : Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam, la Terre Adélie, et les îles Éparses.
La médecine exercée dans les TAAF relève de la médecine en milieu isolé. L'isolement a pour conséquence la limitation de l'accès partiel ou total aux soins, à la consultation spécialisée, aux possibilités rapides d'évacuation vers un centre hospitalier, à l'échange entre praticiens et aux examens complémentaires.
Dans les cas d'isolement extrême comme à Concordia ou Dumont-D'Urville, l'évacuation peut prendre plusieurs mois. Même sur les stations subantarctiques, le navire d'assistance met au mieux dix jours pour évacuer le patient vers l'hôpital le plus proche, à La Réunion.
Ces contraintes sont très proches de celles de l'exploration spatiale lointaine, où tout rapatriement est également impossible.

Formation TAAF
Septembre 2025, Ifremer, Brest, France
Des territoires parmi les plus isolés du monde
La médecine exercée dans les TAAF relève de la médecine en milieu isolé, avec une limitation de l'accès aux soins, à la consultation spécialisée, aux possibilités d'évacuation rapide et aux examens complémentaires. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : sur les stations subantarctiques, le navire d'assistance met au mieux dix jours pour évacuer un patient vers l'hôpital le plus proche, à La Réunion. Dans les cas d'isolement extrême comme à Concordia ou Dumont-D'Urville, cette évacuation peut prendre plusieurs mois. Des contraintes qui font écho, mot pour mot, à celles de l'exploration spatiale lointaine.
La formation IRIS du 25 septembre 2025
Sur le même modèle pédagogique que pour Asclepios III (notice visuelle étape par étape, e-learning et mise en situation sur fantôme en gel d'agar-agar avec guidage échographique) le groupe IRIS, co-animé par le Pr Frandon et le Dr Paul Laforêt (médecin chef du service médical des TAAF depuis 2014 et également rattaché à l'Ifremer de Brest), a formé les médecins TAAF à des procédures de drainage percutané reproductibles en autonomie complète. Un accent particulier a été mis sur le maintien des compétences dans la durée, problématique centrale pour des praticiens qui exercent seuls pendant 13 mois, loin de tout plateau technique spécialisé.
La formation préalable au départ des médecins TAAF incluait déjà anesthésie, chirurgie de stabilisation, soins dentaires et imagerie — mais non la radiologie interventionnelle. Cette session IRIS comble cette lacune, en apportant des techniques mini-invasives capables de traiter des urgences vitales comme une colique néphrétique surinfectée ou un abcès profond, sans recours à la chirurgie lourde.
Elle confirme surtout la vision portée depuis l'origine par le groupe : ce qui est conçu pour Mars ou la Lune est immédiatement utile à Kerguelen, à Concordia, ou en plein océan Austral.
Stand IRIS-FRI
Journées Françaises de la Radiologie
Chaque année en octobre, le Palais des Congrès de la Porte Maillot à Paris accueille les Journées Francophones de Radiologie diagnostique et interventionnelle, le plus grand rassemblement de la spécialité en France.
La présence d'IRIS aux JFR, d'abord en session thématique puis en stand propre, traduit la trajectoire de légitimation du projet au sein de la communauté radiologique française. Ce qui était en 2020 une convention prometteuse entre la SFR et le CNES est devenu, en cinq ans, un programme de recherche reconnu, publié dans les meilleures revues internationales, expérimenté dans des installations ESA/DLR, et désormais visible chaque année au cœur du plus grand congrès de radiologie francophone.

Journées Françaises de la Radiologie (JFR)
Palais des Congrés, Porte Maillot, Paris
JFR 2024 : la séance MITBO, un rendez-vous devenu incontournable
L'Agora du VRI 2024 accueille plus de 25 sessions scientifiques couvrant les sujets d'actualité et les avancées marquantes en radiologie interventionnelle. Parmi les moments forts figure la séance MITBO, qui explore la place de la radiologie interventionnelle dans l'espace, un rendez-vous annuel devenu incontournable pour tous ceux qui s'intéressent aux applications futuristes de la radiologie dans des environnements extrêmes.
Le stand IRIS au VRI 2024 permet pour la première fois de présenter à la communauté radiologique française non seulement l'état d'avancement du projet — des publications scientifiques dans Cardiovascular and Interventional Radiology, aux résultats de la mission analogue Asclepios III — mais aussi les outils concrets : la Mars IR Toolbox, les fantômes de simulation en agar-agar développés avec le Dr Pauline Brige du LIIE, et les échographes portables utilisés lors des entraînements. Les visiteurs peuvent s'initier aux gestes de drainage sur simulateur suspendus au dessus du sol, dans l'esprit pédagogique qui a guidé tout le projet depuis son origine.
JFR 2025 : IRIS obtient son propre stand dans un VRI augmenté
En 2025 aux JFR, le Village de Radiologie Interventionnelle s'est vu attribuer un espace augmenté, entièrement conçu pour valoriser l'innovation et encourager les échanges. Ce fut l'occasion de rencontrer la Fédération de Radiologie Interventionnelle (FRI), IRIS et la Cardiovascular & Interventional Radiology Society of Europe (CIRSE), sur leur stand respectif.
C'est une reconnaissance significative : IRIS obtient un stand dédié au sein du VRI, aux côtés de la FRI et du CIRSE, les deux institutions majeures de la radiologie interventionnelle européenne. L'Agora du VRI 2025 donne la parole à des experts de renom autour des grands enjeux actuels et des avancées majeures en radiologie interventionnelle, tandis que les ateliers de simulation offrent l'opportunité de perfectionner des gestes techniques dans un environnement réaliste et interactif, en petits groupes de dix personnes maximum.
Le stand IRIS aux JFR 2025 s'inscrit dans un calendrier particulièrement chargé pour le groupe. C'est en effet à l'occasion de ces journées qu'est faite l'annonce officielle de la qualification d'IRIS pour la 170e campagne de vols paraboliques du CNES, prévue en mars 2026 à bord de l'Airbus A310 Zéro G à Bordeaux, une première mondiale pour la radiologie interventionnelle. Le stand devient ainsi la vitrine d'un projet à un tournant décisif : entre les expériences analogues déjà conduites — simulation EUROHAB à Cologne en avril, formation des médecins TAAF en septembre — et le rendez-vous imminent avec la microgravité réelle. C'est l'occasion de partager les résultats de ces missions, de présenter les simulateurs en agar-agar désormais intégrés à la formation des internes, et de préparer la communauté radiologique française à ce qui sera, quelques mois plus tard, une première mondiale.


















































